QUE FAIRE QUAND MON CONJOINT MUSULMAN REFUSE LE BAPTÊME DE NOTRE ENFANT?
Si quelqu'un marie un musulman qui, ensuite, s'oppose au
baptême de l'enfant, que faire? *** La réponse n'est pas facile. Elle s'inspirera de la situation concrète dans laquelle se trouve ce couple. Il me semble que le problème aurait dû se poser avant le mariage. Il fallait comprendre les enjeux, savoir qu'un mariage entre un conjoint chrétien et un conjoint musulman comporte nécessairement des problèmes spéciaux, qu'il faut ajouter aux problèmes de tout mariage. L'Église établit un empêchement pour un couple qui désire se marier, dont l'un est catholique et l'autre musulman (non baptisé): l'empêchement de disparité de culte (Can. 1086). Pour qu'un tel couple contracte un mariage valide selon l'Église catholique, une dispense doit leur être accordée. Une telle restriction a pour but d'inviter ce couple à bien réfléchir sur les implications de leur engagement et à envisager à l'avance les difficultés qu'il risque de rencontrer sur le plan de leur foi respective. L'Ordinaire du lieu (l'évêque donc) peut concéder cette permission s'il y a une cause juste et raisonnable; il ne la concédera que si les conditions suivantes ont été remplies: 1. la partie catholique déclarera qu'elle est prête à écarter les dangers d'abandon de la foi et promettra sincèrement de faire son possible pour que tous les enfants soient baptisés et éduqués dans l'Église catholique; 2. l'autre partie sera informée à temps de ces promesses que doit faire la partie catholique, de telle sorte qu'il soit établi qu'elle connaît vraiment la promesse et l'obligation de la partie catholique... (Can. 1125). La pratique religieuse du conjoint chrétien doit être respectée, aussi l'éducation chrétienne des enfants. Si, dans la suite, surgissent des problèmes, comme celui mentionné dans la question, il faut réagir pour le mieux, dans l'amour de son conjoint musulman, mais aussi selon les promesses faites et dans la conviction que le baptême de l'enfant est nécessaire. Si l'enfant est en danger de mort, il ne faudrait pas hésiter à baptiser l'enfant, même sans le consentement du conjoint musulman. Si l'enfant est en santé, l'obligation de le faire baptiser demeure. Toutefois, le refus du parent non catholique pose un problème sérieux. Tout dépend ici du degré d'opposition: peut-on espérer pour plus tard une plus grande tolérance de sa part? Est-ce un refus catégorique qui est là pour rester? Cette question du baptême risque-t-elle d'affecter sérieusement la relation du couple? Y a-t-il espoir que l'enfant soit éduqué dans la religion catholique? Dépendant des réponses, la partie catholique n'a peut-être pas d'autre choix que de différer le baptême. Dans ces circonstances extrêmes, l'enfant, devenu adolescent, aura pleine liberté, espérons-le, de prendre une décision. La partie catholique aura sans doute exercé une heureuse influence chrétienne.
|