L'ORDRE

Mariage des prêtres, ordination des femmes

Croyez-vous qu’un jour le Pape permettra le mariage des prêtres ou encore que des femmes deviendront prêtres, étant donné le déclin des prêtres au Québec?

Le déclin des prêtres crée une urgence. La moisson est surabondante, elle ne fait pas que blanchir, elle pourrit dans les champs faute de moissonneurs. Il nous faut supplier le Seigneur de multiplier les ouvriers apostoliques (Mt 9, 38). Le Seigneur a pitié de la foule qui erre affamée et à l’aventure.

Rien n’empêche qu’un jour soit accordée à l’Église de rite latin la permission d’ordonner prêtres des laïcs exemplaires, comme cela se fait dans les Églises catholiques de rites orientaux, comme cela se fit au début de l’Église. Il n’y a là rien qui s’oppose à la doctrine du Christ; il n’est question que d’un point de discipline. L’Église latine, pour le moment, maintient ce point de discipline car elle attache beaucoup d’importance au célibat consacré de ses prêtres, don total au Seigneur qui, de plus, rend plus facile la liberté d’action.

Pour ce qui est de l’ordination des femmes, l’Église dans son magistère croit qu’il s’agit, non seulement d’un point de discipline, mais d’une façon d’agir qui remonte au Christ lui-même et ne peut être changée. Aussi le Pape soutient-il qu’il n’est pas en son pouvoir de modifier cette tradition qui remonte aux origines de l’Église et qui n’autorise pas l’ordination des femmes. La controverse se poursuit, mais le Souverain Pontife déclare que la discussion est close: "C’est pourquoi", dit-il, "afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères, que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église" (Ordinatio sacerdotalis, 22 mai 1994). Le 28 octobre 1995, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclarait que cette doctrine a été proposée "infailliblement par le magistère ordinaire et universel" et qu’elle appartient au dépôt de la foi.

Le 24 janvier 1997, le cardinal Joseph Ratzinger, ajoutait que soutenir la possibilité de l’ordination des femmes n’était pas une hérésie et n’encourait pas l’excommunication, mais que c’était une grave erreur contre la foi, puisque l’Église certifie qu’elle n’a pas l’autorité d’ordonner des femmes à la prêtrise.

Pourtant, le débat et même la contestation continuent en certains cercles d’Église. Ils hésitent à identifier"définitivement" et"infaillible". Le Pape, en 1994, disent-ils, ne parlait pas "ex cathedra" et le cardinal Ratzinger est de cet avis. La Congrégation ne fait qu’interpréter la Lettre pontificale. Qu’en est-il, ajoutent-ils, du consensus universel du magistère ordinaire des évêques? Comment le vérifier? "De grâce, ne disons pas tous tout de suite: ‘infaillible’" (André Naud). Quoi qu’il en soit, la décision du Pape et l’affirmation du cardinal Ratzinger gardent une signification de première importance et sont d’une portée immense.

Les femmes exerceront de plus en plus des rôles importants dans l’Église. Leur présence et leur rôle sont nécessaires. L’évolution de la situation féminine au sein de l’Église, comme au sein de la société, se poursuit. En 1970, Paul VI proclamait deux femmes docteurs, Catherine de Sienne, décédée en 1380, et Thérèse d’Avila, morte en 1582. C’était un précédent. Aujourd’hui, il s’agit de la sympathique Thérèse de l’Enfant-Jésus, morte saintement en 1897, que les catholiques de tous pays voient comme docteur de l’Église, docteur de l’amour et de la miséricorde, tout comme le souhaitaient de grands théologiens comme Congar, Journet, Urs von Balthasar, Durwell, Laurentin.


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