Pouvons-nous questionner les décisions de lÉglise?
Tout en croyant dans lÉglise, devons-nous rester éveillés et nous questionner, ou tout simplement obéir en fermant les yeux?
LÉglise, étant constituée dhumains, lerreur demeure possible.
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Le concile Vatican II déclarait: "Les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans lÉglise, utiliser volontiers leurs avis prudents, leur assigner des postes de confiance au service de lÉglise, leur accorder la liberté daction et un champ où ils puissent lexercer, et même les encourager à entreprendre des oeuvres de leur propre initiative. Ils doivent aussi considérer avec attention et affection paternelle dans le Christ les projets, les demandes et les désirs proposés par les laïcs" (LÉglise, 37).
Les personnes qui exercent une mission au sein de lÉglise, dans un conseil diocésain de pastorale, dans un conseil paroissial de pastorale, à loccasion dun synode, ou en dautres circonstances, doivent exposer, en toute humilité et charité, leurs points de vue touchant la bonne marche de lÉglise, surtout en ce qui concerne le renouvellement chrétien de lordre temporel, laction caritative, la famille, etc. (Lapostolat des laïcs, 7ss), et même en ce qui regarde lévangélisation du monde (LÉglise, 35). Ce nest pas là faire preuve dinsubordination, mais de saine collaboration qui doit être mutuelle.
LÉglise est composée dhumains, cest vrai, mais elle est habitée par lEsprit Saint, tel que promis par Jésus. "Je ne vous laisserai pas orphelins..." (Jn 14, 18). "Et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour quil soit avec vous à jamais" (Jn 14, 16). Aussi, ne croyons pas trop tôt aux erreurs possibles. Sachons, du moins, que lÉglise unie au Saint-Père ne peut errer dans sa foi et sa doctrine.
Sans doute, les humains qui constituent lÉglise, même ceux qui la dirigent, peuvent se tromper dans leurs décisions et dans lorientation quils impriment à lÉglise. Lhistoire témoigne de certaines directions maladroites, sinon fautives.
Cependant, ce qui nous semble un aiguillage malheureux, une décision fausse, nest pas toujours une erreur. Souvent, nous avons à rectifier notre pensée et à voir plus loin que les apparences. La Parole de Dieu, rappelée par nos pasteurs, nous dérange dans nos habitudes, et cest bien de secouer notre vie si facilement embourbée pour quelle sorte de lornière de la médiocrité.
Laissons aux responsables leur rôle de discerner ce quil faut croire et ce quil faut faire. Ne soyons pas des super-prêtres, des super-évêques, des super-papes. Lorgueil, même bien intentionné, en a fait glisser plusieurs dans le fossé, hors du bon chemin.
Si vous croyez quun prêtre se trompe, si vous croyez quun évêque ne dirige pas son diocèse de la bonne façon, laissons à leurs supérieurs de réagir. Rarement faudra-t-il leur signaler les erreurs de leurs subalternes.
Que la charité règne dans les coeurs. Trop de chrétiens divisent lÉglise par leurs jugements téméraires et souvent superficiels. Ceux de droite accusent ceux de gauche, ceux de gauche blâment ceux de droite. Il y en a qui vont trop vite et accusent une Église trop lente; il y en a qui sont sclérosés spirituellement et qui se hérissent devant tout changement.
Il peut arriver que de tels chrétiens, saints par ailleurs, accusent derreur ceux et celles qui ne pensent pas comme eux, surtout sils sont des pasteurs. Cest pourquoi nous devons laisser aux responsables de juger.
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